Maroc : Un urbanisme d’urgence

par Amel Benredjem et Nastasia Dhomps, M1 AlterEurope 2016-2017

Depuis une quinzaine d’années, le Maroc est devenu une économie émergente avec une croissance stable approchant les 4% par an. Ce dynamisme économique s’appuie sur les investisseurs étrangers attirés par la stabilité institutionnelle du pays : une exception en Afrique du Nord. Ces investisseurs se tournent principalement vers le marché immobilier qui est en pleine expansion du fait de la nette urbanisation du pays. Le taux d’urbanisation est en effet passé de 55,1% en 2005 à 60,3% en 2014. En cause, l’accroissement naturel, l’exode rural et la création de nouveaux centres urbains. Ces fortes dynamiques d’urbanisation concentrent la population sur le littoral et plus spécifiquement dans les villes de Rabat et Casablanca, qui représentent à elles seules les deux tiers de la population urbaine marocaine. Cette urbanisation importante confirme des changements structurels au sein du pays annoncés notamment par une forte baisse du taux de fécondité depuis les années 60 (de 7.2% à 2.2%). L’économie basée sur l’agriculture s’oriente lentement vers une économie des services et de l’industrie (20 à 30% d’emplois en plus dans l’industrie sur les vingt dernières années) accompagnée de la réalisation, à Rabat, d’un quartier des affaires, le Quartier Hay Riyad. Ce projet, médiatisé sous l’appellation « ville nouvelle », exprime une volonté de modernisation de la part du  du pouvoir marocain.

Lire la suite

La problématique des transports à Rabat – Enjeu d’avenir et de développement

par Clément Fabreguettes et Élise Mazaud, M1 AlterEurope 2016-2017

Lors d’un voyage d’étude organisé au Maroc en février 2017, notre principal objectif était d’étudier la situation politique, économique et sociale d’un des principaux partenaires de l’Union européenne. A travers diverses rencontres et conférences, nous avons notamment pu rencontrer des professionnels et des chercheurs spécialisés en urbanisme, tel que M. Adidi, directeur de l’Institut National d’Architecture et d’Urbanisme (INAU) de Rabat, ou encore Tarik Harroud, enseignant chercheur dans le même établissement. Ces derniers nous ont présenté les grands enjeux et les pratiques d’aménagement urbain dans les grandes villes du Maroc de manière à mettre en relief les caractéristiques du phénomène d’urbanisation marocain ainsi que les problématiques liées aux transports qui s’y rattachent.  Nous avons également eu l’occasion d’utiliser différents types de transports à travers l’agglomération de Rabat-Salé (train, bus, tramway, taxi), ce qui nous a offert une vue d’ensemble de la problématique des transports de la ville.

Lire la suite

La question des langues au Maroc

par Pierre Le Mouel, M1 AlterEurope 2016-2017

Dans les petites rues de la Kasbah des Oudaïas, sur les hauteurs de Rabat surplombant l’océan, le chant du muezzin en arabe se mêle à une radio qui diffuse les informations du soir en français pendant que discutent en darija quelques Rabati. Cette scène n’a rien d’extraordinaire au Maroc. Plusieurs langues se mêlent selon l’ethnicité, la situation socio-économique et l’origine géographique des Marocains. L’arabe est la langue principale, parlée de tous, mais arrivent le français, second en nombre de locuteurs (environ 65% de la population1), puis une variante locale du berbère, l’amazighe, parlé par environ 42% de la population. Enfin vient l’espagnol (10%), dans les régions du nord qui appartenaient il y a un siècle à l’empire colonial espagnol. Lire la suite

« Les indésirables » face à la politique européenne de l’externalisation d’asile : le cas du Maroc

par Doinita Bordeianu, M1 AlterEurope 2016-2017

Lors de notre voyage d’étude au Maroc (11-18 février 2017), nous avons eu l’occasion de visiter le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés à Rabat (UNHCR) et de rencontrer ses représentants. Cette visite s’inscrit dans un ensemble de rencontres officielles avec des acteurs nationaux et internationaux, institutions et ONG, qui participent au débat politique au Maroc. La rencontre avec la délégation de l’UNHCR à Rabat était particulièrement stimulante dans le contexte de l’actuelle crise migratoire.

Lire la suite

La figure du roi dans l’espace public, enjeu politique et reflet d’une société

par Violette Corbineau et Kémi Quinio, M1 AlterEurope 2016-2017

« Où que vous soyez au Royaume du Maroc, l’ombre de Mohammed VI vous suivra »1

Lors de son arrivée au Maroc, le voyageur français est frappé par la multitude des portraits royaux visibles dans tous les lieux publics. De l’échoppe minuscule à la chaîne de restauration transnationale, du bâtiment officiel au grand hôtel, impossible de ne pas remarquer l’immuable portrait de Mohammed VI, parfois doublé du portrait de son père, Hassan II. Tradition populaire bien installée ? Résultat d’une politique volontaire d’affirmation de la puissance royale ? Les enjeux du constat de l’omniprésence des portraits royaux dépassent largement la simple anecdote. A travers eux, il s’agit en effet d’observer la façon dont, au Maroc, l’espace public ne peut être séparé des évolutions de la monarchie et des impératifs politiques. Nous allons donc observer de quelle manière la présence royale dans l’espace public constitue un biais d’affirmation de la puissance de la monarchie chérifienne. Lire la suite