Témoignage au retour du voyage d’étude en Géorgie (25/03-01/04/2018)

par Magdalena Pistorius, M1 AlterEurope 2017-2018

Par-delà la Mer Noire, au croisement du continent européen et de l’Asie et à 3 200 km de Saint-Étienne / Lyon, le groupe du Master AlterEurope a cette année été accueilli à Tbilissi, capitale de la Géorgie. Ce voyage d’une semaine nous a permis de découvrir un pays qui est presque dix fois plus petit que la France et qui compte seize fois moins d’habitants mais qui, pourtant, arbore une richesse inouïe de contrastes et de diversité.

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Avec un taux de pauvreté de 20%, la capitale abrite des maisons en décombres, des rues trouées et un fleuve boueux sur lequel flottent des îlots de plastique – en voisinage direct d’églises splendides, d’édifices neufs et brillants ainsi que de casinos scintillants. Melting-pot de minorités, la Géorgie héberge aussi un pot-pourri de croyances – fait dont témoignent les églises, mosquées et synagogues parsemées à travers Tbilissi.
Bien que le pays soit situé entre trois puissances perçues comme « asiatiques » – la Turquie, l’Iran et la Russie – et qu’elle soit toujours visiblement empreinte de l’influence de cette dernière (notamment sous le fait de l’exercice pendant 70 ans du pouvoir soviétique) –, la Géorgie affirme s’inscrire dans une culture avant tout européenne. Pendant toutes les rencontres que nous avons eues au cours de notre séjour, avec des représentants d’organisations internationales (ONU, OSCE, etc.) et du ministère des Affaires étrangères, on nous a affirmé l’espoir que nourrit la Géorgie d’un jour adhérer à l’Union européenne.

En l’espace d’une petite semaine, nous avons donc eu la chance d’être confrontés à des réalités contrastées et des visions géopolitiques dont nous nous doutions peu avant. Nous avons eu la possibilité d’en apprendre davantage sur les conflits qui couvent au sein du pays et de mieux concevoir les enjeux qui lient l’Union européenne à des pays de notre voisinage comme la Géorgie ainsi que de saisir l’impact mutuel des relations économiques et politiques ou l’importance du choix des mots dans le cadre de la diplomatie.
Finalement, et ce qui constitue probablement l’aspect le plus gratifiant, ce voyage nous a permis de faire la connaissance d’une multitude de personnes. De celles qui sont victimes des conflits qui ont secoué le pays (visite dans un camp de personnes déplacées en banlieue de Tbilissi) et de celles qui s’engagent pour les résoudre ou au moins en atténuer les conséquences (au sein notamment du Comité international de la Croix Rouge), de professeurs (rencontres dans l’université d’Etat et dans l’université Ilia) et de diplomates, ainsi que de simples habitants. Bien que si différents, la grande majorité de ces gens nous ont comblés de leur générosité et d’une hospitalité merveilleuse. Ils ont partagé avec nous leurs repas et leurs connaissances et nous ont offert ainsi une expérience enrichissante et inoubliable.

Personnellement, notre voyage en Géorgie a été pour moi un complément important aux enseignements théoriques de notre Master. Il m’a donné une vision plus claire et plus réaliste de la complexité des relations internationales et des multiples acteurs à prendre en compte lorsqu’on juge une situation politique ou un conflit. Ayant pour ambition professionnelle de travailler dans un institut d’analyse de relations internationales, cette contextualisation pratique de nos études constitue pour moi une leçon précieuse et un vrai atout pour mon parcours professionnel.