La Représentation permanente de la France auprès de l’UE : « défense et illustration » de la politique française

par Ala CECOLTAN et Cristina-Ioana MATEI, M1 AlterEurope 2013-2014

Lors premier jour du voyage d’études à Bruxelles, nous avons été reçus à la Représentation permanente de la France auprès de l’UE par Mme Laurence Beckert, conseillèra djointe en charge du suivi presse et par Mme Julie Thisse, conseillère aide extérieure de l’UE.Dans une atmosphère de légère tension et d’inquiétude due au contexte[1], Mme Laurence BECKERT nous a présenté la structure, le rôle et les missions de  cette institution. En effet, la Représentation permanente de la France auprès de l’Union Européenne est la deuxième après celle de Washington et l’une des cinq les plus importantes du réseau diplomatique français. Structure interministérielle, l’équipe de Bruxelles comprend une centaine de conseillers. Environ 200 personnes issues de tous les ministères concernés par les activités de l’Union européenne travaillent autour du Représentant permanent de la France auprès de l’UE, son Excellence, M. Philippe Etienne. La représentation permanente est en liaison avec l’ensemble des ministères français, dont la coordination est assurée à Paris par le Secrétariat général des Affaires européennes (SGAE). Elle assiste ce dernier dans son rôle de garant de l’unité et de la cohérence de la position française au sein de l’Union européenne dans l’ensemble des institutions européennes.

 

La mission de la Représentation permanente

La mission principale de la Représentation permanente est de promouvoir et de défendre les positions françaises auprès des institutions européennes et d’informer au mieux les autorités françaises sur l’état des questions européennes. Ce qui nécessite un bel effort de la part de toute la délégation pour se renseigner afin de connaitre la position des autres vingt-sept Etats membres, pour comprendre leur degré de flexibilité (lesquels sont les éventuels alliés) et pour mener à bon terme des actions de lobbying. C’est un travail permanent d’analyse et de négociation avec les différents acteurs sur place d’autant plus que la Représentation permanente participe à l’élaboration et à la conduite de l’ensemble des politiques de l’Union européenne : marché intérieur, agriculture (défendre la position de la France sur la PAC, par exemple), pêche, consommation, tourisme, transports, télécommunications, emploi, industrie, santé, recherche, environnement, éducation, relations extérieures, questions budgétaires et financières, justice et affaires intérieures.

En relation avec tous les acteurs impliqués dans les processus de décision, la Représentation intervient pour présenter et expliquer les positions françaises aux membres de la Commission, du Parlement européen et à leurs services.

Les conseillers de la Représentation permanente expriment les positions de la France dans les instances préparant les réunions du Conseil des ministres. La Représentation permanente assiste les membres du gouvernement lors des réunions du Conseil des ministres de l’Union européenne, ainsi que le Président de la République et son équipe lors des Conseils européens.

Les travaux du Conseil sont préparés par le Comité des Représentants permanents (Coreper) qui se réunit chaque semaine. Ce comité surveille et coordonne également les travaux des comités et groupes de travail composés de fonctionnaires des Etats membres qui préparent au niveau technique les dossiers soumis au Coreper et au Conseil.

Depuis l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne, elle travaille étroitement avec le Service européen pour l’Action extérieure que dirige la Haute Représentante Catherine Ashton et appuie la montée en puissance de ce service qui doit conjuguer et intégrer la culture de la Commission, du Secrétariat général du Conseil et des Etats membres pour parvenir à une synthèse des différentes politiques européennes dans leur dimension externe qui complétera l’action des diplomaties nationales.

La Représentation permanente est également en relation avec tous les intervenants intéressés par les questions européennes : parlementaires nationaux, collectivités locales, représentants des entreprises, des organisations syndicales, des associations et ONG ainsi qu’avec les chercheurs, les think tanks et le public au sens large (étudiants notamment).

Mme Julie Thisse, spécialiste en aide extérieure de l’UE, a choisi de nous présenter les changements intervenus depuis la mise en place, en 2004, de la politique européenne de voisinage.

Créée après le grand élargissement à l’est dans le but d’éviter l’apparition d’une nouvelle faille sur le continent européen et au-delà de ses frontières géographiques, dès le début la PEV a soulevé un problème essentiel : faire partie de l’Europe et être associé à l’Europe, quel type de relation établir, puisque la PEV comprend les accords d’association euro-méditerranéens (soutenus par des aides financières dans le cadre du programme MEDA), les accords de stabilité et d’association (pour les pays des Balkans, programme CARDS) et les accords de partenariat et de coopération (soutenus par des aides financières dans le cadre du programme TACIS, PHARE ou INTERREG pour les pays de l’est) ?

Depuis dix ans, la PEV a connu des modifications ponctuées, rythmées par les changements qui ont eu lieu dans les pays en question. Deux documents : la Communication conjointe de la Commission européenne et du Haut représentant sur « un partenariat pour la démocratie et la prospérité partagée avec le Sud de la Méditerranée » et « la nouvelle stratégie à l’égard d’un voisinage en mutation » présentent la dynamique des relations entre l’UE et les pays de la PEV. L’élaboration du nouvel instrument de voisinage européen (IVE) dans le contexte du prochain cadre financier pluriannuel est un autre exemple. Certes, il y a des pays qui ont des besoins de financement plus importants que d’autres, la Syrie ou l’Ukraine à titre d’exemple. Le rôle de la France est important d’autant plus qu’elle est le deuxième investisseur FEP après l’Allemagne, et concernée par les problèmes d’asile et de migration, de mobilité des jeunes.

Pour plus d’informations sur les activités de la Représentation permanente de la France auprès de l’UE, consultez le site : http://www.rpfrance.eu/ et regardez la vidéo de présentation : http://www.rpfrance.eu/Presentation-de-la-Representation,1708.html


[1]                              Le Conseil extraordinaire des affaires étrangères s’était réuni d’urgence à Bruxelles pour discuter sur la crise en Ukraine, la violation de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Ukraine par la Russie.